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9 idées reçues sur le commerce équitable


L’Observatoire du commerce équitable note qu’en 2021, les chiffres du commerce équitable ont progressé de 11%. Cette augmentation est la conséquence d’une vigilance accrue quant à ce que vous mettez dans votre panier, que celui-ci soit physique ou virtuel.

Pourtant, et c’est tout à fait naturel, il vous arrive encore de douter : « la priorité est d’agir sur le climat, pas sur le social », « il vaut mieux consommer local », « équitable, fair, c’est encore des concepts de marketing… non ? ». Alors non, pas vraiment, mais procédons dans l’ordre : revenons sur quelques points qui posent encore question et démêlons ensemble le vrai du faux.

Sommaire :

1 : « La priorité est l’urgence climatique, pas l’aspect social »

2. « « Le commerce équitable fait concurrence au commerce local »

3. « Consommer équitable est plus cher »

4. « Il faut arrêter d’importer des produits et consommer localement »

5. « Les produits équitables ne sont pas des produits de qualité »

6. « Le commerce équitable, c’est pour le chocolat et le café »

7. « Ce sont les enseignes qui vendent dans les pays du nord qui profitent du commerce équitable »

8. « Qu’est-ce qui nous dit que c’est vraiment équitable ? »

9. « Le commerce équitable, c’est pour la bonne cause ! »

 

 

 

1 : « La priorité est l’urgence climatique, pas l’aspect social »

Faux : les deux sont liés.

Bien entendu, le changement climatique est un enjeu qui doit tous nous mobiliser. Mais savez-vous que les produits issus du commerce équitable sont produits en respectant l’environnement ? Allons même plus loin : 88% des produits issus du commerce équitable sont bio. (A l’inverse, 88% des produits bio ne sont pas équitables…)

Pourquoi une telle connivence entre respect des populations et respect de l’environnement ? Parce que l’objectif premier du commerce équitable est d’être profitable aux fabricants et producteurs. En cela, par nature, le respect de l’environnement est une priorité ; l’utilisation d’OGM, engrais ou pesticides est encadrée et fortement limitée.

On le sait, le commerce « traditionnel » tend à déséquilibrer l’environnement et les rapports humains du fait d’une recherche de résultats élevés et de coûts réduits en-deçà du minimum. Les pratiques développées par le commerce équitable vont dans un sens opposé : par des techniques d’agroforesterie et d’agroécologie, nous assistons à un rééquilibrage des écosystèmes. L’exemple du café de forêt est en la matière très parlant : la forêt Bench Maji d’Ethiopie abrite aujourd’hui près de 5000 gènes de plantes ainsi que des espèces qui avaient disparues de ce territoire.

Là où le modèle économique du commerce dominant consiste souvent à rémunérer des actionnaires, celui du commerce équitable consiste plutôt à investir dans la formation des populations locales, dans le développement de techniques non invasives, dans la préservation de la biodiversité.

Ce point, essentiel pour tous les acteurs du commerce équitable, est devenu un pilier juridique pour prétendre à une certification « équitable ». La « préservation de l’environnement » figure parmi les 10 principes de la WFTO, World Fair Trade Organisation.

Ainsi, en transformant profondément les modes de production en faveur des productrices et producteurs, pratiquer un commerce équitable agit sur tous les pans du système.

 

2. « Le commerce équitable fait concurrence au commerce local »

Vrai et faux.

En fait, consommer local n’exclut pas d’importer certains produits.

Bien sûr, la relocalisation de certaines filières est nécessaire et même urgente, cela pour plusieurs raisons. D’abord, les populations locales doivent être les premières à bénéficier de leurs productions et il est insensé que certains producteurs connaissent la faim après avoir vendu toutes leurs récoltes. Par ailleurs, les gaz à effet de serre générés par les transports sont souvent absurdes, spécialement pour des produits qui pourraient être fabriqués ou récoltés localement.

Mais d’autres produits, constitutifs de notre quotidien, doivent être importés. Parmi eux de nombreux aliments : le cacao, le chocolat, les bananes, les pois-chiches. Ah, les pois-chiches : parlons-en ! Grands chouchous des végétariens du fait de leur haute teneur en protéines, ils ont le vent en poupe depuis quelques années. Mais quiconque a déjà diminué ou supprimé sa consommation de viande s’est retrouvé face à ce dilemme : « réduire ma consommation de viande ou importer des céréales qui viennent du bout du monde ? » La réponse est la suivante : si les pois-chiches sont produits dans de bonnes conditions et que leur exportation profite au producteur comme au consommateur final, les voyants sont au vert : vous pouvez déguster un délicieux houmous sans culpabiliser.

 

L’essentiel est de garder conscience des conditions dans lesquelles ces produits sont fabriqués et cultivés. Consommer « équitable » offre cette garantie-là.

 

3. « Consommer équitable est plus cher »

Vrai et faux : comparons ce qui est comparable.

Simplifions les choses. Prenons en compte trois des facteurs principaux :

-        Le coût de production et la rémunération du producteur pour le travail fourni. Bien sûr, celui-ci est plus élevé dans le commerce équitable : il s’agit-là de l’essence même de cette pratique.

-        Les cours des produits en question sont aussi pris en considération. La variation vers le haut du prix est régulée par le cours global.

-        Des intermédiaires moins nombreux dans le commerce équitable.

Au vu de cette équation, nous pouvons dire que oui, les prix du commerce équitable peuvent varier à la hausse. Mais cette variation n’est pas ni systématique, ni drastique.

En revanche, il faut faire attention à comparer ce qui est comparable : ne comparons pas un produit issu du commerce équitable haut de gamme à un produit d’entrée de gamme. Car souvent, du fait des meilleures conditions de travail et d’un environnement respecté, les produits issus du commerce équitable sont d’une qualité nettement supérieure. Aussi, si vous comparez, choisissez des produits de qualité équivalente.

Un exemple parmi d’autres : les jus de fruits Havamad. Si celui à l’Ananas de Cayenne a été nommé « meilleur produit bio 2022 », c’est parce que ses producteurs malgaches travaillent dans de bonnes conditions, que les fruits sont bios à 100%, récoltés à maturation et travaillés manuellement. Ni sa qualité, ni son prix ne seront comparable à des produits d’entrée de gamme…

 

4. « Il faut arrêter d’importer des produits et consommer localement »

Vrai et faux : consommons intelligemment.

Nous l’avons dit plus haut : dans des conditions de production similaires, nous vous encourageons évidemment à raccourcir les circuits entre les producteurs et l’acheteur. Oui, et à nouveau, relocaliser est une nécessité.

Par ailleurs, nous vous encourageons à vous orienter vers des fruits et légumes de saisons, à rencontrer les producteurs près de chez vous afin de bénéficier de récoltes plus fraiches et de coûts moins élevés (du fait de l’absence d’intermédiaires).

Mais attention : cela ne doit pas être un dogme ni une conséquence d’un repli sur soi. Tout est une question de mesure et de nuance.

En effet, dans des conditions de productions différentes, se tourner vers l’importation est une option qui a du sens.

Prenons par exemple notre producteur de quinoa. Anapqui est partenaire d’Artisans Du Monde depuis 1983. Les fermiers de la coopérative récoltent les graines manuellement et leur vente permet aux travailleurs et à leurs familles de vivre dans des conditions décentes. Alors il y a certes du Quinoa français, et ce dernier peut même être bio… Mais ce Quinoa n’est-il pas ramassé par des tracteurs qui génèrent une empreinte carbone plus lourde tout en nuisant à la qualité du produit ?

Le Quinoa est une céréale originaire des Andes et les habitants de ces régions ont un savoir-faire unique qui permet à la plante de donner tout son arôme… Acheter leur quinoa, en plus de vous procurer un plaisir gustatif évident, permet de soutenir ces populations et de conserver et perpétuer un savoir-faire ancestral.

5. « Les produits équitables ne sont pas des produits de qualité »

Faux, archi-faux.

Nous avons vu le cas des jus de fruits Havamad, dont celui à l’ananas de Cayenne a été élu meilleur produit bio 2022.

Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Nous pouvons aussi parler de tous les cafés Artisans du Monde.

Le « SCA » est un système de notation des cafés, reconnu internationalement depuis 1984. Cette note prend en compte différents critères : odeur, arôme, arrière-goût, acidité, corps, uniformité, équilibre, pureté, douceur et impression générale.

Une note sur 100 résulte de l’addition de ces critères.

Eh bien à ce test, tous les cafés Artisans du Monde ont obtenu un résultat supérieur à 80/100, ce qui fait de chacun d’entre eux des cafés de spécialité. Autrement dit, il s’agit donc de boissons haut-de-gamme, ni plus ni moins. Ajoutons que nombre d’entre eux ont obtenu une note tournant autour de 85/100 ce qui permet de les qualifier « d’excellents café de spécialité ».

N'hésitez pas à les goûter et à nous dire lequel est votre préféré !

 

6. « Le commerce équitable, c’est pour le chocolat et le café »

Faux.

Nous consacrerons un article complet à cette question prochainement : tous les produits peuvent être fabriqués ou cultivés en « équitable ».

Concernant les produits labellisables, la liste est longue. A titre d’exemples, nous pouvons citer :

-        Les condiments,

-        Les céréales,

-        Les pâtes et fruits à tartiner,

-        Les cosmétiques,

-        La décoration,

-        Le mobilier,

-        Les vêtements,

-        Les bijoux,

-        Les jouets pour enfant.

Bref : transformer en profondeur nos habitudes de consommation, c’est possible et ça n’est pas si facile.

 

7. « Ce sont les enseignes qui vendent dans les pays du nord qui profitent du commerce équitable »

Faux : l’un n’empêche pas l’autre.

Evidemment, s’il n’y avait pas de marché pour acheter des produits équitables, il n’y aurait pas de commerce équitable. Il y a « commerce » quand un acheteur et un vendeur s’entendent sur un certain nombre de conditions. Par ailleurs, les chiffres du commerce équitable ayant progressé de manière conséquente, les enseignes qui sont des sociétés à but lucratif ont-elles-aussi généré du bénéfice.

Mais cela n’empêche pas les producteurs de bénéficier de nombreux avantages à produire en équitable. Au contraire, même... Tout d’abord, nous le savons le prix obtenu pour leurs récoltes et fabrications sont plus intéressants. Mais ce n’est pas tout : une fois qu’un artisan obtient le label « équitable », il reçoit une prime et est accompagné pour développer ses compétences et son entreprise. La prime lui permet d’investir dans du matériel de bonne qualité afin d’améliorer sa rentabilité et la qualité de ses produits.

Prenons à nouveau l’exemple du café de forêt fabriqué en Ethiopie, à Bench Maji : les producteurs éthiopiens sont formés de telle façon qu’en 10 ans, ils sont passés de moins de 20 fermiers certifiés bio et équitable à 3000. Leur café est cultivé dans la forêt Bench Maji, sous une canapée luxuriante réunissant plusieurs milliers d’espèces dont certaines avaient avant cette démarche disparue du territoire.

Les exemples en la matière ne manquent pas : il s’agit même de la norme.

Nous pouvons aussi parler du chocolat Fairafric, qu’Artisans du Monde propose désormais. Il s’agit du premier chocolat transformé dans le pays d’origine de la fève. Qu’est-ce que cela signifie ? Eh bien tout simplement que 80% des bénéfices pour une tablette vendu revient aux producteurs ghanéens. Si cela vous paraît du bon sens, vous avez raison. Mais sachez que c’est un fait absolument exceptionnel dans le monde du chocolat… Les conséquences sur l’emploi et sur le niveau de vie des agriculteurs sont évidentes. Les conséquences sur le goût des tablettes ne sont pas en reste 

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